Chapitre 9
Publié le 12 Février 2026
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L'équipe de foot
Langage cru, contenu à caractère sexuel explicite
Pas le temps de se faire des câlins. Notre plan à trois n’a rien de romantique. La queue à peine sortie de Poupette, c’est la déformation professionnelle qui reprend le dessus.
« Levez-vous du lit. Y’a du monde qui vous attend. Installez-vous toutes les deux à genoux, là, bien au milieu de la pièce. Faut qu’il y ait de la place pour toute la team… »
La team… mais la team de quoi ? De foot ? De hand-ball ? De basket ? De rugby ! Que sais-je ? Faudrait savoir, car ce n’est pas tout à fait le même effectif. L’avantage, quand même, c’est qu’avec VV, nous sommes au moins deux pour nous partager ses messieurs.
IL nous a placées à genoux dos à dos. Pas la peine d’avoir fait de longues études dans le domaine des travailleuses du sexe pour comprendre ce qui nous attend. Une équipe de sportifs, une ambiance de vestiaire, deux meufs à poil en plein milieu d’une pièce, entourées de miroirs : le bukkake s’annonce… Du courage, ma blackette, du courage manga-girl, ce n’est qu’un mauvais moment à passer : « gloops… »
Dos à dos, nous deux mains s’effleurent par derrière, et je me surprends à empoigner les siennes dans les miennes. Franchement, j’ai déjà connu pire, mais après une bonne journée de boulot, il faut quand même avouer que je commence à être en mode second souffle. Du coup, se faire à l’idée du plat principal qui nous attend demande une certaine abnégation. Je me sens donc subitement compatissante avec ma partenaire de supplice. J’irais pas jusqu’à dire que tout passif est effacé, qu’on peut mettre une croix sur le doss en cours, mais à quoi bon se renvoyer la balle, dos à dos ?
Dos à dos, c’est bien la position dans laquelle nous sommes en ce moment, toutes les deux, toutes les deux dans la même galère, innocentes, au fond, et victimes des sévices des mecs, comme toujours. Les salopards, ce sont eux ! et pas nous…
La dream team fait sa glorieuse entrée dans les lieux, glorieuse et bruyante, c’est le moins qu’on puisse dire. L’ambiance troisième mi-temps dans les vestiaires se confirme, tant dans le volume sonore que dans l’atmosphère olfactive et le taux de testostérone au mètre carré.
Je suis épuisée et j’ai débranché mon mental. Impossible de comprendre réellement ce que tous ces mecs chauffés ou bourrés (le résultat est le même) se disent ou fomentent. J’exécute mes gestes comme une poupée mécanique qu’on remonte avec une clé. Toujours à l’aveugle – c’est pas plus mal –, j’embouche une quéquette par ci, empoigne une paire de boules par-là, passe d’une bite mole à l’autre, plus dure, la suivante, plus épaisse, une vraiment rikiki, l’autre carrément tordue, presque à la perpendiculaire…
Je masturbe, à en avoir des crampes au bras, taille pipe sur pipe, à en avoir des contractures aux maxillaires. Il faut dire que je voudrais bien que tout ce petit monde – ce beau monde, paraît-il – vienne sans tarder, vite fait bien fait !
Il suffirait d’un, une proie facile, isolée des autres, qui craquerait maintenant, et tous ses petits congénères le suivraient par instinct grégaire, comme un troupeau de moutons se jette dans le précipice à la suite d’une seule brebis galeuse. Mais rien ne se passe jamais vraiment comme prévu. Les six bras de la pieuvre qui m’a prise pour cible me soulèvent du sol. Une première bite pénètre dans Poupette, heureusement complètement désensibilisée, à ce stade. Mais d’autres stades s’annoncent, encore.
Une queue – la plus tonique, sans doute, de ces champions – pénètre mon orifice anal – appelons-le mon petit Giroud, pour l’occasion : champion du monde ! Cela ne dure pas très longtemps comme ça ; nos athlètes sont certainement doués dans leur spécialité, mais tout le monde ne s’improvise pas acteur porno. Pour des amateurs, la prouesse technique est trop difficile à maintenir dans la durée.
Du coup, on me saisit à nouveau et me transporte jambes écartées sur le pieu (au bord du pieu, pour être précise) pour essayer autre chose. Là, commence la tournante – c’est pratique, sur un king size bed rond comme un ballon !
Tous les calibres défilent à la chaîne dans Poupette qui n’y reconnaît plus les siens – champions du monde ou joueurs de deuxième division, même combat.
Tous mes membres et mes muscles, pourtant fourbus, sont sollicités et en action – mes mains, ma bouche, ma chatte et mes sphincters. Il y en a même qui se branlent sur mes pieds en attendant leur tour. Ça râle toujours à tout va, ça braille, ça se bouscule.
Je me donne du courage : allez Poupou ! allez Giroud ! droit au but ! J’attends mon troisième souffle. Faut que ça gicle, bordel ! Quitte à passer à la casserole, faut que ça gicle au plus vite, c’est maintenant ou jamais !
Je me redresse à la force des abdos, j’empoigne les deux bites qui sont à ma portée, et je m’active comme une folle – la branlette aura toujours le dessus sur les autres moyens de faire péter les couilles des mecs, c’est comme ça, c’est leur seconde nature : la branlette !
Jackpot : j’en ai deux qui viennent en même temps ! Et c’est la déferlante ! Le tsunami ! Feu d’artifice géant ! Sur Poupette ! Sur Giroud ! Dans ma bouche ! Sur mon nez et jusque dans mes narines – je crache. Ça en fait partir d’autres ! Le bouquet final ! Sur mes tresses, mes pieds ! Chapeau l’artiste !
Le plus impressionnant n’est pas leurs ridicules giclées de sperme bien chaud qu’ils me pulvérisent sur l’intégralité de mon corps, devenu le réceptacle de toute l’obscénité du fantasme sexuel masculin. Non, Monsieur le Juge, Mesdames et Messieurs les Jurés. Le plus choquant est cette symphonie de geignements gutturaux, cette odeur pestilentielle de sécrétions hormonales, ce déchaînement de bestialité sans nom !
Juste à côté de moi, j’entends Manga-girl vomir. Je crois que j’ai fait partir tout le monde, les miens, les siens, comme un seul homme !
Je sens des mains qui de nouveau me saisissent, avec une certaine délicatesse, cette fois, comme pour s’excuser, et me remettent sur mes pieds qui chancellent, m’obligeant à me retrouver à genou une nouvelle fois. J’entends des jappements de satisfaction, des râles de contentement, des hennissements de plaisir, des « rouf », des « rhm-rhm » et autres « pfffffff-pffffff ».
Aucune parole. Les bruitages se prolongent en decrescendo jusqu’à se dissiper totalement, comme le calme après la tempête, le départ de la foule au sortir du stade ou des arènes.
Je suis assise sur les fesses. Les jambes repliées sur elles-mêmes en position fœtale. Je baigne dans une mare de sperme, poisseux, déjà refroidi. Les mains tremblotantes, j’ôte mon masque. La lumière des spots, les reflets des miroirs du palais des glaces m’aveuglent. Je plaque mes deux mains sur mes yeux en guise de protection.
Une toux me prend. Je crache des glaires. Ou du sperme. Les deux, probablement. Je ne vois pas encore tout à fait net, lorsque je m’adresse à elle :
« Hé, manga-girl, bouge ton cul. C’est le moment d’aller prendre une bonne douche. Y’a au moins ça de réjouissant dans cette piaule. T’es où ? Ça va ? »
Le court silence qui suit me fait presque paniquer. J’ai les nerfs à vif.
« Je suis là – sa main se pose sur mon genou –, ça va… Mais ouais, j’prendrais bien une douche. Je crois que j’ai jamais fait ça avec autant de mecs à la fois…
- Une douzaine, c’est à peu près le nombre de joueurs dans une équipe de foot. Ça fait au moins six chacune, sans compter les remplaçants : belle perf’ !
- Tu crois que c’était des joueurs de foot ? »
La conne ! Je perçois un regain d’engouement dans le grain de sa voix :
« Qu’est-ce qu’on s’en fout !
- Ouais putain, t’as raison, on la fait, et c’est fini, y’a que ça qui compte.
- Je préfère ça, ma belle. Les joueurs de foot n’ont rien de plus sexy que les autres, quand ils s’adonnent à ce genre de game. Allez, viens, on va se refaire une dignité. »
Je me relève tant bien que mal et la tire par la main. Elle n’a pas enlevé son masque, alors je lui ôte délicatement. Elle aussi reste éblouie un moment avant de retrouver une vision normale. Je suis la première chose qu’elle aperçoit, et ça ne doit pas être beau à voir, vu ce que je vois d’elle, en miroir.
Du coup, j’évite soigneusement de croiser mon propre reflet dans les miroirs – épreuve difficile, pour se rendre jusque dans la salle de bain, qui, chose inhabituelle, pour le coup, n’en possède pas.
Dans cette pièce intime, où nous nous sommes réfugiées, se trouvent des serviettes propres et un sac cabas en cuir de la marque Hermès avec un système d’ouverture en or en forme de serrure de coffre-fort. À l’intérieur, une tenue de rechange pour elle, et une pour moi. Les vêtements et sous-vêtements, soyeux et sexy, sentent le propre. Au fond du cabas de luxe, deux liasses conséquentes de billets de cents, avec un mot : Le pourboire de l’équipe… Respect et merci les filles.
Chaleureuse attention…
Le montant de la somme présente montre qu’ils ont eu pitié de nous autant qu’ils ont honte d’eux-mêmes. Mais, rappelez-le-vous bien, les mecs : ce coup-ci, vous étiez dans le rôle des clients qui décident et qui paient pour l’avenir de deux filles comme nous. Deux putes à vendre. Mais vous et nous, les putains, ne l’oubliez-pas, nous nous ressemblons tellement. Et demain, ça sera votre tour ! C’est vous qu’on paiera et vendra au plus offrant. Et que croyez-vous que vous ferez de plus que nous, avec ce fric ? Vous ferez la même chose, ni plus ni moins. Comme nous, vous le flamberez en babioles de luxe clinquantes et inutiles, et en fringues de marque, c’est tout !
On passe à deux sous la douche. On en vient naturellement à se laver l’une l’autre tellement le sperme nous colle à la peau, aux muqueuses, nous imprègne comme de la glu.
En voyant cette profusion de sperme, je me dis qu’il suffirait d’en ramener un seul bol au commissariat du coin pour fomenter un sacré scandale. Et puis je me dis aussi que les putes ne sont décidément pas spécialisées dans le scandale, que la discrétion est dans leur nature, n’ayez aucune crainte, très chers clients. Et puis je me dis qu’il faut malgré ça être vraiment bien cons pour vous imposer un masque, puis vous déverser sur la tronche la quantité de sperme produit, au nombre de couilles, par l’équivalent de deux équipes de foot...
Au moment de se frictionner chacune la chatte de l’autre, le même détail nous fait nous redresser et nous mater toutes les deux avec la même expression de stupéfaction affichée sur le faciès : on a toujours nos œufs vibrants bien en place, la tige rose sortant de la vulve, comme un bâtonnet de glace à la fraise ! Merde alors ! Et ils sont même encore en action !
Tous ces bros nous sont passés dessus avec nos sex-toys en mode vibrations dans la moule ! Et depuis qu’on a repris nos esprits – qu’on croyait – on s’est même pas rendu compte que nos objets connectés étaient toujours en train de danser la samba dans nos vagins ! Remerde alors : faut croire qu’on est devenues de vrais robots lobotomisés du cul !
Wesh ! on est prises d’un fou rire à s’en pisser dessus, et on se prive pas pour se lâcher un coup ensemble, synchrone, en croisant nos jets et même en nous pissant un peu sur les pieds l’une de l’autre – au point où on en est, c’est pas un petit pipi d’ange de plus ou de moins qui va changer la donne…
On a du mal à reprendre notre sérieux – mais à quoi bon – jusqu’à être complètement revêtues. On est plutôt mignonnes. Je lui fais remarquer.
« Ouais, on dirait deux Parisiennes issues du melting-pot urbain et prête à sortir en boîte ! »
- Chiche ? » je la relance, du tac au tac.
« Chiche ! » elle me rétorque, direct, un petit sourire en coin.
« Après tout, on l’a bien mérité ! Et avec le pourboire qu’y a là-dedans, y’a de quoi se passer une bonne petite soirée entre copines, et prendre notre revanche sur la vie.
- Chanmé ! j’suis d’attaque. Je connais un nouveau club très cool dans le 9e, ça te dit ?
- Yes ma poule ! J’te suis ! Moi, je suis plus trop à la page, niveau sortie en boîte de nuit, faut avouer. J’ai eu ma période, mais c’est un peu dépassé… »
On fout nos tenues de putain méga souillées dans le sac-poubelle de la salle de bain et on se tire de cette piaule, notre sac Hermès sous le bras, quelque chose comme cinq mille euros de pourboire en liquide à l’intérieur – au final, peut-être même pas le prix du sac…
Notre Uber privé est gentiment venu nous chercher et a accepté de nous déposer à une autre adresse que celle prévue sur sa feuille de route de départ – retour au bercail pour les pépettes après le taf. Moyennant un substantiel pourboire. Cent euros. En même temps, de toute façon, nous n’avons que des billets de cent… Et puis, nous sommes parties pour être dispendieuses, cette nuit, ou plutôt ce bout de nuit qui nous reste. Et qui, enfin, nous appartient !
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