Chapitre 11

Publié le 17 Avril 2026

Girly romance

 

Langage cru, contenu à caractère sexuel explicite

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Ah ouais, quand même ! Il est vraiment balaise ! Je crois que j’en avais jamais vu un aussi gros !

- Ouais, tu vois, j’t’avais dit...

- Après, faut dire qu’on n’a pas trop l’habitude de voir ça de si près… Surtout en version réelle... Même le mien, c’est rare que j’me mette devant un miroir pour me le mater ou pour comparer avec un autre, comme les mecs le font avec leurs quéquettes. Mais bon, là c’est vraiment un deuxième sexe ! »

Vaiana relève la tête de ma chatte pour me regarder.

« Hé ! n’exagère pas, c’est quand même pas une verge ! », je lui rétorque en redressant la tête à mon tour.

- T’es sûr ? On va voir ça tout de suite. Si je le suce et qu’il se met à éjaculer un truc beige et gluant, t’auras ta réponse... »

Je pouffe de rire avant qu’elle embouche mon clitoris, ce qui m’oblige à reposer ma tête en arrière et à me cambrer à nouveau sous ses léchouilles. Pendant qu’elle me suçote le bambou décapuchonné, je me dis que c’est amusant parce que, tant qu’il était bien à l’abri sous son repli de peau et pas encore stimulé par les sussions expertes de Vivi, on pouvait pas imaginer qu’il puisse se gonfler et prendre du volume à ce point-là.

J’ai un nouvel orgasme. Depuis que les lueurs du jour pointent par les fenêtres, nous nous procurons comme ça, chacune son tour, du plaisir. Rien d’extraordinaire. Juste de petits orgasmes, avec nos doigts, nos langues, de simples caresses, des effleurements, des frotti-frotta chatte contre chatte. Il nous suffit d’un rien pour sentir monter une petite série de décharges. Puis nous nous laissons aller à de longues pauses, sans causer, ou juste en se racontant quelques anecdotes qui nous font rigoler, pouffer ou carrément éclater de rire jusqu’aux larmes.

C’est à mon tour de me glisser à nouveau entre ses cuisses. Je lui décapuchonne le clito, l’observe, puis me redresse pour comparer avec ses mains.

Elle relève la tête : « Quoi ? Qu’est-ce qui y a ?

- Rien, rien.  Je regarde juste si le tien est proportionnel avec tes doigts... »

Elle a les mains graciles et les doigts super fins. Vraiment magnifiques avec des ongles naturels très gracieux, bien limés et pointus comme de petites griffes de chat.

« Quel rapport ? », me demande-t-elle, toujours redressée à la force de ses abdos qu’elle a musculeux et parfaitement dessinés, sans être imposants pour autant, finement ciselés, comme ses mains et tout le reste de son corps, d’un blanc laiteux aux reflets nacrés et roses.

« T’as jamais maté ça pour imaginer la taille de la teube des mecs ?

- Tu crois à ces trucs-là, toi ?

- Ouais. Et à pas mal d’autres choses... J’t’apprendrai. »

Je marque une pause pour lui suçoter les doigts un par un, titiller la pointe de ses ongles avec le bout de ma langue. Je comprends mieux l’effet qu’ils m’ont fait toute la nuit lors de nos caresses mutuelles. Puis je redescends sur son clito.

« Et tu vois, chez toi, ça marche aussi…

- C’est-à-dire ? Il ressemble pas à une verge, quand même ?

- Non. Au contraire, il est fin et gracieux comme le reste de ton corps.

- Ouais, ça, tu peux dire ! Il est tellement petit que j’ai moi-même du mal à le trouver et à le décapuchonner, parfois. »

Cinq minutes plus tard, on se retrouve toutes les deux, jambes écartées, tél à la main en mode miroir, fonction macro pour se retoucher le make-up des cils, les culs au bord du lit à s’attraper chacune notre vulve à pleine main pour bien découvrir et dresser au garde-à-vous nos clitos exotiques face à l’objectif. Et ouais, y’a pas photo : s’il fallait qu’on se compare le bouton comme les mecs le font avec le morceau de tissu caverneux qu’il portent entre leurs jambes, Vaiana n’aurait qu’à s’aplatir face à la miss big clito que je suis !

« Waouh, y’a pas photo ! », elle ne peut d’ailleurs s’empêcher de lâcher.

« T’as vu ça, » je renchéris. « C’est ce qu’on appelle un vrai BBC : Big Black Clito !

- ÉNORME ! Mais bon, en même temps, qu’est-ce qu’on s’en fout !

- T’as raison ! C’est pas la taille qui compte… C’est plutôt le type d’accessoires qu’on utilise pour le faire vibrer… Tu veux voir ma collection ?

- À ouais, vas-y ! Moi, je crois que j’ai pas encore trouvé mon bonheur.

- Avec ton mini-truc, que t’as du mal à repérer, j’ai ce qu’il te faut. Crois-moi, tu vas grimper au plafond en moins de cinq minutes chrono ! »

Nous nous levons du lit d’un bon, toutes les deux à poil, et nous nous dirigeons vers les penderies de ma chambre.

J’ouvre les portes vitrées du placard numéro 4. Ma collection de sex-toys bien disposés les uns à côté des autres sur les huit étagères, leurs couleurs flashy et leurs formes d’une diversité et d’une inventivité inouïes, tout ça nous saute à la figure comme une vraie bouffée de liberté sexuelle et émancipatrice.

« Tu te rends compte – je commente –, tous les trucs que tu vois là sont capables de faire jouir n’importe quelle meuf au monde en moins de dix minutes !

- C’est clair ! », elle abonde dans mon sens tout en saisissant un des jouets, plutôt tortueux et particulièrement bizarre, qui lui a certainement tapé dans l’œil.

Je reprends : « C’est à se demander pourquoi Dieu a inventé les hommes !  Avec une seule étagère comme t’as là, on peut s’en passer à vie !

- T’as raison ! en tout cas, pour espérer l’orgasme, c’est net ! »

On se met à rigoler tout en comparant les échantillons que nous prenons en main successivement pour les observer sous tous les angles, comme s’il s’agissait de joaillerie de luxe ou d’objets d’art d’une extrême valeur.

Vaiana en met un en route. Un Midnight Rabit triple stimulation avec fonction de va-et-vient et tête rotative. De couleur mauve, il a 6 modes de vibrations et 6 positions de rotation. La façon qu’il a de vibrer et de tournoyer sur lui-même, de louvoyer et de trépider sur place, les différentes zones qu’on l’imagine capable de stimuler en même temps… tout ça est de très bon augure !

« Après (je me lance, en prenant le ton de la vendeuse d’accessoires érotiques qui singerait les manières d’une coach de vie spécialisée dans l’épanouissement personnel), si celui-là paraît ambitieux dans son style, pour ta morphologie, ton type physique, et surtout ce que t’as au fond de la culotte, crois-moi, ce qu’il y a de mieux, c’est tout simplement ça (je joins le geste à la parole en lui tendant l’objet en question) : l’aspirateur…

- L’aspirateur ! » s’exclame-t-elle en répétant après moi et en prenant l’exemplaire que je lui tends et qui ressemble à un petit marteau rose bonbon en silicone, très doux au toucher, une petite bouche en forme de « o » le surplombant pour (façon de parler) : planter le clou

« Ouais, l’aspirateur à clito : c’est révolutionnaire !

- Révolutionnaire, why not, mais quand même, l’idée de se faire aspirer le clito… Je veux bien que le mien soit petit, mais je ne tiens pas non plus à l’allonger plus que ça…

- Ah bon ? Ben je peux te dire que tu as tort ! À force de l’utiliser, t’as vu ce que ça a donné sur le mien : real BBC ! Tout le monde en rêve, non ? Et tu verrais l’effet que ça produit sur les hommes…

- Nonnnnn ??!! tu te fous de ma gueule ?

- Ben ouais, idiote ! D’abord aucune femme ne rêve d’avoir un clitoris BBC, ni même de se l’agrandir. Et puis celui-là (je désigne le Womanizer dernière version à micro impulsions qu’elle a toujours dans les mains et qu’elle regarde, une moue dubitative affichée sur le visage) on l’appelle aspirateur à clito parce que c’est un peu l’effet que ça fait quand tu positionnes l’opercule, tu vois, là (je lui indique la petite ouverture arrondie), juste sur ton bouton, tu vois, comme ça (je me mets à quatre pattes pour la guider). Mais en fait, c’est juste de l’air pulsé qui fait vibrer une petite membrane à l’intérieur et qui donne cette impression de succion très rapide. Tu vas voir, c’est sans danger. Et puis tu vas grimper au plafond en moins de temps qu’il n’en faut pour qu’un type commence seulement à trouver l’emplacement de ton organe érogène, et encore, lorsqu’il se donne la peine de s’y intéresser, ma belle… »

Depuis ma position entre ses jambes, la sentant toujours perplexe – ce qui me surprend, vu les performances auxquelles je l’ai vu s’adonner sur les réseaux – j’ajoute, en m’adressant, vu ma posture, à son entrejambe :

« Ben qu’est-ce que t’as ? Me dis pas que t’as jamais essayé ce genre de trucs ?

— Oui, enfin… Pas un aspirateur, pour l’instant. Mais des trucs même plus impressionnants que ça (tu m’étonnes, je songe, à part moi). Mais j’ai quelques blocages à dépasser, à ce niveau-là… Je veux dire… »

Je me relève à sa hauteur.

« Que t’as subi des violences sexuelles étant mineure ? »

Elle me fixe, l’air surpris.

« Ouais, plutôt… Comment t’as deviné ? 

- C’est statistique. Dans le monde, une meuf sur trois est victime de violence sexuelle dans sa vie. Alors, c’est pas compliqué à deviner, c’est juste une question de chiffres. Et encore, ça c’est que les données officielles, lorsqu’une femme a le courage d’en parler et de porter plainte. Je te parle même pas de tout ce qui se fait à la marge, lorsqu’on dort, qu’on est bourrées, ou droguées, plus ou moins consentantes, dans le feu de l’action ou sous l’effet de surprise, de sidération : surprise ! c’est que tonton, le prof de gym, ou le petit ami idéal – du moins qu’était idéal, jusque-là... Ça, c’est pas comptabilisé dans les stats. Et si c’était le cas, on peut estimer qu’on en serait plutôt autour des fameux 10 pour cent : seulement 10 pour cent des meufs... qui passent à travers, ce coup-ci... Et puis… »

Je lui saisis délicatement son poignet gauche, place mon pouce sur la zone que j’ai déjà pu observer cette nuit lors de nos câlins et où on peut voir des traces de scarifications. Blessures anciennes, mais qui ne laissent planer aucun doute sur ce qui a pu les motiver lorsqu’elles ont été perpétrées. Je caresse les cicatrices sans prononcer un mot. Vaiana baisse la tête et retourne son poignet dans un geste de pudeur mêlé d’une certaine gêne, j’imagine.

« Y’a pas de quoi avoir honte, du coup. Une femme sur trois, ça fait beaucoup : bienvenue au club… »

Elle redresse la tête, ses manga-eyes humectés de larmes.

« OK, ben raison de plus pour te faire guider. T’as rien à craindre avec ça. Y’a un bouton, c’est toi qu’appuies quand tu veux pour commencer, quand tu veux pour arrêter. T’es maître du jeu, tu comprends.

- Ouais, mais… en réalité c’est justement ça mon problème. Je suis paralysée pour tout ce qui est sexualité. Je ne sais pas comment l’expliquer. Je ne peux rien initier par moi-même, tu vois. Je suis obligée d’être... « guidée »... comme tu dis. Et même forcée... en fait. Je ne sais pas ce que c’est comme problème... Un psy m’a dit que ça serait une forme de conséquence post-traumatique du syndrome de Stockholm. J’appartiens à vie à mon bourreau… un truc comme ça... Je peux accepter l’acte sexuel que sous l’emprise d’un homme...

— Ouais, OK, bébé, je peux comprendre ça. Tu sais, dans le monde dans lequel on vit, on est un peu toutes obliger de se retrouver à un moment ou à un autre sous l’emprise d’un homme : femmes violées, femmes dans l’ombre du pouvoir, femmes mariées ou femmes à louer, nos conditions ne varient pas tant que ça, en fait. Et puis, aimer son bourreau est la chose la mieux partagée par les femmes hétéros de ce monde, t’es loin d’être une exception. Mais t’inquiètes pas, tu peux t’en sortir. Tu peux trouver ton espace de liberté. L’endroit intime et préservé où tu pourras de nouveau te sentir la femme que tu es, libre et forte, au plus profond de toi. »

Je lui confie le sex-toy, puis guide sa main avec la mienne jusqu’à son intimité. Une fois l’objet positionné dans la bonne zone, je glisse mon pouce sur son pouce et appuie avec elle sur le bouton de commande du jouet qui commence à vrombir doucement. Je sens un soubresaut de sa part. Je lui maintiens la main sans la brusquer. Elle finit par se détendre et par mieux appliquer le jouet sur la zone appropriée, en le positionnant correctement. Quand elle commence à se recroqueviller sur elle-même pour ressentir plus intimement les effets des micro pulsions d’air sur son organe érogène, je la libère doucement et me recule pour la laisser faire. 

Je l’observe depuis le bord du lit où je me suis rassise. Dans cette position, debout les genoux légèrement repliés vers l’intérieur, ses deux mains entre ses jambes, les yeux mi-clos et le rose lui montant aux joues, elle ressemble de nouveau vraiment à une de ces héroïnes des fameux animés du porno japonais. Et je la trouve vraiment craquante, et comprends les hommes, sans les comprendre.

Je peux me mettre à leur place et trouver cette scène ultra bandante – sans être pour autant homo. Et, d’un autre côté, je me dis que les hommes ne doivent avoir vraiment rien compris à rien, eux qui nous demandent sans cesse, pensant nous faire plaisir, d’écarter les jambes pour mieux nous déchirer. Ils l’ignorent, s’en moquent ou refusent de le savoir, que lorsqu’une femme éprouve du plaisir sexuel, elle a plutôt tendance à serrer les jambes, à se concentrer sur son intimité, et finalement, à trouver la meilleure façon de faire bander son pénis à elle, tellement petit par rapport au leur qu’il lui faut justement se recroqueviller pour le percevoir davantage.

Donc, messieurs, encore un petit tips de votre spécialiste ès sexe : si vous souhaitez, en la pénétrant, permettre à une femme de jouir (et même, d’éjaculer), pensez à vous retirer pour la laisser prendre son pied tranquille, profiter des secousses de plaisir jusqu’aux dernières répliques de jouissance – et pouvoir pousser et libérer son squirt, par la même occasion...

Pour résumer : apprenez à sortir votre machin de notre cavité humide et sacrée juste au bon moment ! Bande d’ignorants : y’a pourtant des vidéos éducatives – et du porno, même – pour tout comprendre sur le sujet. On est au 21e siècle, quand même, le siècle de l’épanouissement sexuel des femmes...

Bref, pensez un peu à nous laisser faire, et à nous foutre la paix !

Nous foutre la paix, en général, et en particulier quand on jouit ! Une bonne fois pour toutes, ça vous serait possible ?

Revenant à la scène qui se déroule sous mes yeux, et constatant que Vaiana vient de perdre le contrôle, de manière si totale, presque surjouée, une alerte se met en route malgré moi dans mon cerveau : red flags ! red flags ! En mode : et si c’était trop beau pour être vrai ? Et si cette meuf, sous ses airs d'héroïne hentaï, midinette et naïve, était en train de me faire le grand jeu ?

Pour obtenir quoi ? Un peu de love ?

Et si je n’étais tout simplement pas en train de me faire manipuler ? Par elle ? Par LUI, à travers elle ? Et si, comme d’habitude, croyant être libre en faisant ce que les autres ne font pas, je n’étais tout bonnement pas encore en train de foncer sur l’appât tendu ?

Je jette un œil aux emplacements des caméras dissimulées un peu partout autour de nous, ces vigies numériques qui me relient à LUI en permanence. Je dézoome sur Vaiana, en plein orgasme, se tordant de plaisir, debout mais recroquevillée sur elle-même, le clito bien aspiré par mon jouet – SON jouet, en fait…

Comment pouvez-vous imaginer vous laisser aller à une authentique relation amoureuse dans cet univers de suspicion imposée, ce monde où même l’amour est devenu un théâtre de conflits, dans lequel il s’agit de déceler au plus vite, chez l’autre, les signaux d’alerte d’une relation potentiellement toxique ?

Quelle peut bien être SON intention, dans tout ça ? Car je sais très bien qu’IL est à la manœuvre. Mais dans quel but ? Pour quels objectifs ? Quelle rentabilité ? Quels ingrédients pour satisfaire SON emprise perverse ?  Nous mettre en concurrence ? Créer un binôme attractif ? Attirer de nouvelles cibles ? Plus exigeantes niveau garanties d’anonymat, mais aussi plus distrayantes pour LUI, comme son extra de cette nuit – l’équipe de gentlemen footballeurs… Plus rentables, surtout, et porteuses, sur le marché du service sexuel sans cesse en mutation ?

 

« Ah ouais ! » s’exclame Vaiana de retour sur terre. « T’as raison, ça claque ! Et ça aspire le clito, mais tu m’avais pas prévenue que ça aspire l’âme, avec ! »

Je sors de ma réflexion et reprends une contenance – de toute façon : life is but a dream.

« Ouais. Et dis-toi bien, ma chérie, que ça s’est produit en cinq petites minutes maxi. Pas besoin de te faire mettre la bague au doigt pour atteindre de telles performances…

- T’as raison, je signe le contrat de location direct !

- Pas besoin, c’est cadeau pour toi, ma belle. »

Je me suis relevée du lit et m’approche du placard numéro trois.

« Mais t’as pas tout vu. Mate-moi ça ! »

J’ouvre l’accès à l’antre du dildo, du godemichet, du strapon et du plug anal, la caverne d’Ali Baba de tout ce qu’on a pu imaginer pouvoir introduire dans les orifices naturels des femmes, depuis la nuit des temps ; l’Histoire nous apprenant que nous n’avons rien inventé de plus aujourd’hui – en dehors de la silicone, et des possibilités infinies qu’elle offre, en termes de créativité débridée…

Elle mate la collection, l’air étonné, mais pas intimidée, ce coup-ci.

« Ah ouais, pas mal… Je dois t’avouer que c’est un peu plus mon rayon. Quelqu’un m’a initié…

- Ouais, je crois connaître moi aussi ce quelqu’un. Perso, je l’appelle IL, car je n’ai pas le droit de prononcer SON nom. Est-ce que je connais même SON nom ? SON vrai nom, je veux dire. Ou SON adresse ? Ou l’histoire de SA vie ? »

Elle me fixe sans rien dire, avant de baisser les yeux, dans une attitude de soumission qui prend tout son sens.

« Bon, du coup, je crois que j’ai rien à t’apprendre dans ce domaine. »

Nouveau silence. Puis Vaiana me relance :

« Mais pendant qu’on y est, y’a quoi dans les autres placards ?

- Vas-y, fais comme chez toi. Je crois qu’on est parties pour être dans la même galère un petit bout de temps, toi et moi… »

 

Les placards suivants nous ont bien fait kiffer autant que les précédents. On a passé un bon bout de temps à enfiler différentes tenues de call-girl, de la plus sexy à la plus insolite. Mixant des styles de manière fantaisiste, se matant dans les miroirs et se marrant surtout pas mal. Qui en combinaison pilou-pilou, style pyjama d’enfant, avec aux pieds des plateforme-shoes cyber-punk noire en cuir… Qui en tenue de secrétaire, serre-tête bunny et harnais à chaîne au cou avec laisse de chien assortie…

Et puis elle a ouvert la penderie suivante. Celle devant laquelle nous nous tenons maintenant toutes les deux, de nouveau complètement dévêtues. La spéciale BDSM, avec tout un éventail d’objets encore un peu plus kink, et surtout : mes combinaisons de Maîtresse.

Là, c’est plus fort qu’elle, ses mains tremblent lorsqu’elle s’approche et commence à toucher les tenues qui ressemblent, ainsi suspendues, à de véritables armures de combat. Elle tâte, caresse les matières, pelote les armatures, épaulettes, balconnets pigeonnants, push-up en acier, fessiers renforcés, harnais et string avec chaîne en métal à la place de la ficelle…

« Ça doit être kiffant… Tu pourrais m’initier ?

- T’as le temps de voir venir, ma belle. Pour l’instant, t’es loin d’avoir les seins qui tombent, que je sache, alors profites-en. »

Afin de joindre le geste à la parole et de vérifier par moi-même l’état de fermeté de sa jeune poitrine, je m’approche d’elle et passe une main sous son bras pour accueillir dans ma paume la rondeur satinée de son sein, puis je l’attire contre moi, plaquant ses fesses contre mon pubis.

 

« Après, si t’y tiens vraiment, pourquoi pas le rôle de soumise, dans un premier temps. Mais tu sais, il ne faut pas penser que ce n’est qu’un jeu (je pince son téton avec mes ongles). Quand tu choisis de prendre une direction dans ta vie, ma belle, faut savoir que ça engage tout ton être et toute ta personne, et que c’est souvent impossible de faire marche arrière (j’augmente la pression de mes doigts-cisailles sur son téton qui s’est raidi). C’est ou bien ou bien... comme dirait le philosophe... »

Vaiana pose sa main sur ma main qui enveloppe son sein et j’accentue ma prise, enfonçant mes ongles dans sa peau tendre et si claire en comparaison de la mienne.

Puis, tout en la maintenant toujours fermement contre moi par-derrière, j’attrape de ma main libre mon martinet à neuf lanières sur l’étagère. 

« Et puis tu sais, une fois qu’on y a goûté, on ne peut plus s’en passer. C’est pire que la pire des drogues, quand on doit obéir toute sa vie à la voix de son maître… »

J’ai glissé le manche clouté du martinet entre ses cuisses et commence à aller et venir le long de sa vulve, toujours gonflée de sang, après notre marathon sexuel entamé la veille.

« Quand la douleur se mêle au plaisir, il n’y a plus d’échappatoire. Si tu deviens l’esclave de quelqu’un, c’est pour la vie.

- Mais... j’appartiens déjà à quelqu’un…

- Ma chérie, tu sais, dans ce monde, et dans le nôtre particulièrement, des objets de distraction comme toi et moi, ça coûte cher, mais tout à un prix et ça se vend ! »

Je ne sais pas exactement où j’en suis et pourquoi j’ai subitement envie de la frapper, de la maltraiter, de lui faire vraiment mal, de toutes les forces de ma rage intérieure. C’est toujours comme ça que ça commence, dans une ambivalence entre attirance et répulsion, désir et colère, une violence contenue et profonde qui doit finir par sortir, par se répercuter sur quelqu’un d’autre, comme un exutoire. Un fantasme de viol, de brutalité sur ma personne, ou sur une autre : enfin ! en faire baver à quelqu’un d’autre que soi ; à la place de soi ; se libérer d’une charge mentale et vitale, insupportable, insurmontable, d’une sauvagerie inouïe !

 

Tout ça nous a amenées jusqu’à dix heure du mat’, sans qu’on s’en rende compte. Vaiana est saucissonnée, suspendue au plafond de la salle de bain, comme la proie d’une araignée venimeuse, prisonnière de son fil de soie.

Je suis la veuve noire. Mon fil de soie est en réalité en cordes de jute spécialement conçues pour la pratique du shibari. Et mon piège est un trépied de suspension, installé là pour les clients amateurs de bondage, qui me réclament parfois ce genre de prestation haut de gamme – pour eux la proie (et moi l’araignée…), ou pour moi la proie (et eux l’araignée…), selon leur penchant pour la domination ou pour la soumission.

Aujourd’hui, c’est moi qui domine !

La posture de Vaiana est particulièrement suggestive, et l’enchevêtrement subtil de nœuds exécutés pour la maintenir ainsi en équilibre, ficelée en suspensions au-dessus du carrelage de la salle de bain, est d’une rare complexité et performe largement la pratique débutante de cet art sophistiqué du bondage japonais. Son physique à la fois souple et tonique, ainsi qu’une certaine prédisposition affective et psychique pour cette technique du kibaku, m’ont permis d’en arriver là – ce qui est exceptionnel, pour une première fois.

Je suis en tenue de Maîtresse et tourne autour de mon trophée, mon chat à neufs queues à la main, le manche clouté maculé de mouille. À intervalles irréguliers, je marque des pauses, puis fouette les zones exposées du corps de Vaiana, écorché de stries zébrant sa peau de pêche, claire et fraîche, d’un blanc naturellement nacré.

Au sol, une flaque indique la quantité abondante de squirt qu’elle a produit depuis le début de notre session BDSM improvisée, et qui continue de dégouliner par intermittence de son sexe et se répand par terre en goutte-à-goutte depuis les parties rebondies de son fessier ligoté.

La scène pourrait évoquer le corps d’une bête égorgée vive sur son crochet de boucher, et dont le sang s’écoule au sol. Mais de cette carte postale vivante se dégage aussi une certaine poésie visuelle, une mélancolie des corps aux prises avec leurs conditions d’êtres de chair et de sang, allégorie de notre existence de sujet déchiré entre nos sentiments et nos pensées rationnelles, nos passions et la conscience aiguë de notre propre finitude : quelque chose comme une chorégraphie virtuose entre les dieux antiques Éros et Thanatos – tendances queers – en plein jeu de lutte érotique !

C’est la sonnerie anachronique de l’interphone qui nous sort de notre rêverie barbare et raffinée, et nous met en panique, comme deux ménagères se sentant coupables d’avoir pris un peu de bon temps, et qui auraient oublié de préparer leurs gamelles aux enfants avant de partir à l’école. Sauf que, nos enfants à nous sont déjà bien grands, et que, dans leurs gamelles, c’est un tout autre menu qu’on leur sert…

Je checke mon tél posé sur le rebord du lavabo ovale de la salle de bain : mon rendez-vous de dix heures ! Merde ! Je l’avais oublié celui-là ! Ou bien a-t-il été programmé à la dernière minute sans que j’en sois informée ?

Je m’approche du visage de Vaiana et lui susurre à l’oreille, pour ne pas la brusquer ni la faire sortir de sa bulle émotionnelle :

« J’attends pas vraiment de livraison, du coup, je crois que c’est mon premier rencart. Tu restes avec moi et on fait ça à deux ? J’ai vraiment pas le courage toute seule... »

Je me demande vaguement si je ne lui pose pas cette question pour la tester, savoir ce qu’elle a dans la culotte ; ou tester ma capacité de suggestion, m’assurer que mon petit manège a fait effet sur elle, a infusé en elle au point d’influencer sa décision. Et elle me répond « OK » du tac au tac, sans sourciller – mais ça, faut dire qu’elle est plutôt contrainte à l’immobilité.

Faut croire que la contrainte réellement subie amène au consentement de la contrainte.

Et à ce stade, je crois que je pourrais lui demander ce que je veux, elle le ferait les yeux fermés. Les femmes sont vraiment trop connes ! Il suffit que quelqu’un leur mette le grappin dessus et elles se mettent à quatre pattes pour se soumettre comme un bon toutou : assise ! couchée ! debout ! au garde-à-vous ! donne la papatte à ton maître...

Mais je suis moi-même dans un état second et ne réagis pas plus que ça. J’ai la réponse à ma question et m’en contente. Elle voulait tenter la domination, elle a goûté au poison : elle est consentante...

 

C’est la dure réalité de notre activité professionnelle. Pas d’avantage syndical – autre que notre pause technique mensuelle... Pas de congés payés. Pas d’arrêts maladie. Pourtant, c’est pas faute d’être affectées régulièrement par des cystites, mycoses vaginales et autres vaginites à répétitions. Ne parlons même pas de l’anus, l’orifice le plus sujet aux inflammations persistantes, les problèmes de constipations chroniques que sa pratique engendre, et puis la nécessité des lavements avant chaque commande de sodo, le grand kiffe des hommes mariés qui sont la plupart du temps privés de cette réjouissance à domicile – c’en est une, de réjouissance, de leur point de vue, en tout cas, mais on comprend la réticence de leurs femmes...

Exerçant de temps en temps mes activités en Suisse, je sais que la prostitution est légale, là-bas. Les travailleuses du sexe ont le droit au chômage, à la Sécurité sociale, ont quatre semaines de vacances par an et le droit à un congé maternité. Elles peuvent emprunter de l’argent à la banque pour monter leur petite entreprise, sans être obligées d’être sous la tutelle d’un proxo ou pire, d’un réseau…

Malgré ça, le marché de la prostitution est plus ouvert et rentable en France. Faut croire que les mâles français tiennent à maintenir leur réputation à l’échelle mondiale ; l’adultère étant à la France ce que l’industrie du fantasme est au Japon : un sport national...

Et puis, les putes helvètes sont-elles pour autant moins exploitées qu’ailleurs ?

Sans doute, mais la réalité c’est que la prostitution est le plus vieux métier du monde parce que la domination du sexe mâle et de l’argent sont les deux mamelles d’une même exploitation des hommes en général, sur les femmes en général. Et tant qu’on n’aura pas éradiqué tous les hommes hétérosexuel de cette planète, on ne pourra pas changer la donne !

Alors, si vous vous demandez encore si vous êtes féministe, c’est pas compliqué, il suffit de savoir si vous pensez qu’il y a un problème avec les hommes – les hommes tels que la société les construit, OK, peut-être, mais les hommes quand même :

Avec leur addiction maladive au sexe. Avec leur penchant pour la brutalité gratuite. Leur appétence pour l’inceste et le viol (le basique des basiques, la base...) – ne parlons pas du meurtre de femmes en série.

Et puis leur mégalomanie de chef de guerre, d’homme politique, de mâle en rut, de patron, de dictateur, et de père de famille. Leurs guéguerres intempestives et permanentes. Leur goût immodéré pour la logique de la productivité, de la propriété privée, de la compétitivité  et de la mise en concurrence des êtres et des choses. Leur manque criant d’empathie. Leur soi-disant solidarité masculine et leur fraternité factice. Leur volonté de dominer le monde. Leur domestication d’autrui – animaux, bagnoles, femmes et progéniture comprise !

Et puis la façon qu’ils ont de construire un univers à leur image – celle d’Adam et pas de Dieu, lol... En nous assignant au second rôle, en nous transformant en objets, nous les femmes : objet sexuel, objet-esclave, objet marketing et fashion, bien de consommation, propriété privative qu’on se transmet de père en fils, en bro, en tonton ; objet faire-valoir de leurs soirées mondaines, de leur prestige personnel, au boulot, dans la rue, en famille ; objet-monnaie d’échange entre eux et dans ce monde qu’ils ont créé pour nous – qu’ils disent –, nous les femmes, nos besoins (inassouvibles – lol) et notre fragilité (consubstantielle et nécessitant leur protection – mon cul !) ; un monde (leur monde) régi par la loi de leur libido masculine et de leur billet vert !

Alors ? Qu’est-ce que vous en pensez ? Y a pas vraiment un blème avec les hommes ? Vous en voulez encore ? Mais ne venez pas ensuite me traiter  de femme hystérique, ou alors je vous fous la pointe effilée de mon escarpin de Maîtresse BDSM en plein milieu du derche !

Leur sempiternel besoin de se vider les couilles presque quotidiennement dans tout ce qui peut faire office de réceptacle, même un simple papier Kleenex bouchonné au creux de la main, et dans lequel ils vont recueillir ce qu’il considère comme leur précieuse semence ; tellement précieuse que ça ne leur fait ni chaud ni froid, dans ces occasions-là, d’avorter dans la cuvette des chiottes de milliards de milliards de potentielles progénitures sacrifiées sur l’autel de la branlette masculine.

Et j’allais oublier : leur érection matinale du week-end,  et les conséquences de ce « moment de gloire » pour mémère, qui préféreraient sans doute faire une bonne grâce mat' le dimanche matin plutôt que de devoir se réveiller avec une bite dans la bouche ou entre les cuisses. Du coup, j’en profite pour donner mon petit tips « Rubrique week-end » aux ménagères de moins de quarante ans – après, de toute façon, c’est chez nous qu’ils viendront quémander ces prestations, et au moins, on leur facturera au juste prix. Croyez-moi, mesdames, fatiguez-vous le moins possible, et tout comme eux, choisissez l’option la moins coûteuse en dépense énergétique et autres charges mentales : la main !

Enfin, un petit dernier pour la route : leurs éclaboussures de pipi sur la cuvette des chiottes... Bordel de merde ! Bande de bons-à-rien-d’autre-qu’à-porter-vos-propres-couilles : c’est quand même pas compliqué de relever la lunette des chiottes !...

Alors, Monsieur le Juge, Mesdames et Messieurs les Jurés, vous trouvez pas, vous aussi, qu’il y a un problème avec les hommes ? Peut-être un peu, quand même – on vit à l’époque post-MeToo, n’est-ce pas ?

Eh bien alors, je suis heureuse de vous l’apprendre : vous êtes féministes !

Mais qu’est-ce que ça change ? Combien d’entre vous, femmes maltraitées ou hommes compatissants, accepteront de m’accompagner dans la rue pour buter à l’aveugle tous les mecs qu’on croisera sur notre passage pour faire table rase du passé et repartir sur de bonnes bases ?

 

Alors, en attendant l’hallali de la société patriarcale, je me rends comme une zombie jusqu’à l’entrée de l’appartement, et c’est l’effet que je dois faire à Simon, qui se trouve sur le pas de la porte, l’air à la fois dubitatif et intrigué : une zombie, toute de cuir vêtue !

« Euh… ce n’est pas ce que j’avais commandé, mais… euh, comme mon rendez-vous du vendredi m’a lâché à la dernière minute… euh, je t’ai booké un peu vite fait ce matin… Parce qu’après… euh... demain... c’est shabbat… et puis le week-end en famille… et puis… euh... Mais… si je dérange… 

- Tu me déranges pas du tout, mon mignon ! D’ailleurs, tu tombes plutôt à pic ! J’ai un truc à te montrer qui va te changer un peu de ta routine… »

Sans vraiment comprendre ce qui est en train de lui arriver, Simon la montre se laisse guider jusque dans la salle de bain sans réaction – l’autorité de l’uniforme, sans doute, et le port de l’accessoire ont dû faire leur effet : j’ai toujours mon chat à neuf queues à la main… Et puis, Monsieur chrono est tellement accroc au sexe qu’il doit avoir sa petite séance quotidienne, sans quoi tout risque de foutre le camp dans sa life. Alors, quitte à ce que ça déraille…

À la vue de Vaiana, suspendue entre le lave-linge et le sèche-linge pour famille nombreuse, qui me servent à laver les dizaines de jeux de draps en satin dont dispose ma mini-entreprise d’hôtellerie, son corps ficelé tournoyant au milieu de la salle d’eau, comme en lévitation, ses parties féminines suggestives particulièrement exposées au regard par la tension des cordes et des nœuds qui la ligotent, Simon quickie perd le contrôle. Il s’approche d’elle dans un état de fascination perceptible. À tel point déstabilisé qu’il ne réagit pas quand je lui ôte sa montre et commence à le désaper.

Toujours dans un état second manifeste, il attrape son menu japonais par un bout, lui fait faire un tour à 360 degrés comme pour s’assurer qu’il est bien réel, et non une quelconque création holographique de l’I.A., puis repositionne le corps de Vaiana d’instinct dans le bon sens pour sa dégustation.

Au moment où il pénètre de son sexe bandé la proie de l’araignée par l’entrouverture restreinte qui lui est encore offerte pour le faire, malgré les ligatures qui réduisent l’accès à la fente de Vaiana, je l’entends murmurer vaguement, sans vraiment parler à quelqu’un en particulier, juste comme s’il s’adressait à sa bonne conscience :

« Elle est consentante, au moins ? »

Puis, alors qu’il a commencé sa besogne sans attendre de réponse, les yeux exorbités et la verge bien introduite dans son sushi maki, je lui en susurre une, de réponse, à l’oreille, tout en lui glissant par derrière le manche de mon martinet entre ses cuisses :

« Non, du con ! mais elle a pris un tel cocktail du zombie que t’as pas à t’en faire ! »

Simon fait mine de ne pas entendre ; ou de ne pas comprendre (peut-être ne connaît-il pas les ingrédients du cocktail de Mazan…) ; ou peut-être n’entend-il pas pour de bon ; ou n’a-t-il pas envie d’entendre ; ou est-il lui-même sous l’effet zombie. Ce qui, quoi qu’il en soit, semble bel et bien être le cas, car l’introduction de l’embout du martinet à neuf lanières dans son orifice rectal ne le fait pas réagir non plus – ou plutôt si, le fait réagir, mais par un tel regain d’entrain qu’il se met à couiner comme une vieille porte et adopte une cadence du bassin façon course-poursuite à la Benny Hill (moi, c’est mon père qui matait les rediffs sur des chaînes anglaises par satellite, mais pour ceux qu’on pas la réf’, rendez-vous sur YouTube…).

« Je rigole, du con », je le rassure, même s’il ne semble donc pas vraiment en avoir besoin.

La scène se poursuit, en accéléré, façon course-poursuite à la Benny Hill, avec la petite musique du générique (pour ceux qu’on la réf’), et se termine en apothéose d'orgasmes prostatiques : l’homme chronomètre vient de se découvrir un nouvel intérêt pour le massage anal et la fessée à neuf queues !

« C’est bien, mon grand, t’iras loin dans la vie », je lui glisse de nouveau à l’oreille, sans qu’il y prête attention plus que ça, tout à son ouvrage, tout à son festin…

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Publié dans #Chapitre 11

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